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lundi 10 décembre 2007
Par Marie le lundi 10 décembre 2007, 11:11
jeudi 25 octobre 2007
Par Marie le jeudi 25 octobre 2007, 10:21

Une ancienne collaboratrice française du célèbre dégustateur américain de vin,
Robert Parker, décrypte dans un livre paru aujourd'hui les méthodes de travail
et les défaillances du système de notations du "pape des vignobles" tant
redoutées, en particulier dans le bordelais.
"Anatomie d'un mythe", première parution en français d'un portrait non autorisé
de Robert Parker, s'adresse à "tous ceux qui passent leur vie à imaginer et à
construire, et dont une parole toute puissante, souvent mal inspirée, vient
balayer le rêve", annonce d'emblée l'auteur, Hanna Agostini, en exergue de son
livre.
Juriste de formation, Hanna Agostini, a collaboré avec le critique de 1995 à
2003, organisant pour lui certaines de ses dégustations dans le bordelais et
assurant à partir de 1997 la traduction en français du bimestriel spécialisé
"The Wine Advocate" et des ouvrages de l'Américain.
"En faisant mon travail de traduction, j'ai vu tout ce qui n'allait pas. Mais
c'est comme un puzzle dont les pièces se mettent peu à peu en place. Ca a
commencé comme un bêtisier qui nous faisait rire, puis la parution d'un livre
sur lui en 2005 a mis le doigt sur d'autres erreurs", a expliqué à la presse
Mme Agostini, qui a décidé à son tour de se mettre à la tâche en 2006.
Reprenant les écrits du critique comme "principale source d'information",
l'auteur relève notamment les "copiés-collés" des commentaires et les abondants
"indices de vétusté" des textes, souvent non réactualisés d'un guide à
l'autre.
"Vieux d'une bonne douzaine d'années, repris quasiment à l'identique depuis la
version américaine de 1993", les textes du guide Bordeaux sont "généralement
muets" sur l'évolution des propriétés viticoles dans les années 90, période
riche en événéments pour le vignoble français et bordelais, souligne-t-elle par
exemple.
Quant aux notations, parmi les seules au monde à faire ou défaire
instantanément la réputation d'un cru, Hanna Agostini s'interroge sur l'éthique
du critique, tout en rendant hommage "au précurseur de la critique vinicole
moderne".
"Sachant les relations plus ou moins étroites que Parker entretient avec des
personnes directement impliquées dans le monde du vin, on peut s'interroger sur
le regard qu'il porte sur eux dans l'exercice de son métier", écrit-elle.
Citant notamment l'oenologue girondin Michel Rolland, que Robert Parker connaît
depuis les années 80, l'auteur relève que l'Américain note souvent très
généreusement les vins issus de propriétés appartenant à la famille Rolland
mais aussi les vins vinifiés par Michel Rolland pour le compte de ses
clients.
Selon Hanna Agostini, "toute occasion est bonne pour porter au pinacle
certaines personnes choisies". Du coup, estime-t-elle, "on jette en pâture au
consommateur des choses qui n'ont ni queue ni tête".
Interrogée sur l'impact attendu de son livre dans le milieu du vin, l'auteur
juge que cet ouvrage "aurait pu être écrit par n'importe qui sachant faire une
lecture approfondie des interviews de Parker et de ses ouvrages. Quand on sait
que la plupart des producteurs et des négociants achètent ses guides, on se
demande comment ils ne se sont pas rendus compte des failles",
glisse-t-elle.