Le Blog des Vins de Champagne

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mardi 22 janvier 2008

Qui veut la peau du Champagne ?

Moet Flower Rose

En ces temps de répression à tous crins, il n'est pas étonnant que le Champagne, comme les autres alcool, soit montré du doigt. Ainsi Moët & Chandon, filiale du groupe LVMH a été condamné en appel pour publicité illicite en faveur de l'alcool à verser 30 000 € à l'ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et en Addictologie). L'association reprochait en effet à la marque de Champagne une campagne publicitaire baptisée "La nuit est rose", menée conjointement avec les Brasseries Flo.

Dans son arrêt, la Cour a estimé que cette publicité avait "pour effet de créer une association d'idées entre la consommation de ce champagne rosé et le fait de voir la vie en rose, ce qui dans le langage commun signifie avoir une approche euphorique de la vie"… Cela se passe de commentaire.

Un jugement étonnant qui met en relief les limites de la loi Evin qui impose aux annonceurs de donner des informations objectives sur le produit. Donc insinuer que le Champagne ferait voir la vie en rose n'est pas, selon la justice, objectif.

Il est vrai qu'il est très rare d'associer le Champagne à un événement joyeux. On fait souvent sauter les bouchons pour marquer un moment grave et triste…

L'association avait déjà fait parler d'elle il y a quelques jours en faisant condamner le journal Le Parisien pour un article intitulé "Le triomphe du Champagne". En décembre 2005, le quotidien avait réalisé une série de reportages sur le Champagne. L'ANPAA avait alors saisi le Tribunal de Grande Instance de Paris estimant que ces articles incitaient à la consommation de Champagne. La justice avait alors condamné le Parisien à verser 5000 € de dommages et intérêts à l'association.

Dans son jugement, le Tribunal avait indiqué que les articles du Parisien "constituaient des publicités sans pour autant que soit exigé un achat effectif d'espaces publicitaires" et accusait le journal de "promouvoir la vente d'une boisson alcoolique en exerçant sur le lecteur une action psychologique de nature à l'inciter à la consommation"…

vendredi 28 décembre 2007

Le Champagne veut s'étendre

Le Monde

Un article interressant lu sur le site du Monde. Je le reproduit ici avant qu'il ne devienne payant ;-)

Le vignoble champenois devrait s'étendre pour satisfaire la demande

Du haut de ce coteau de Bouzy (Marne), un des plus prestigieux villages champenois, Rémi Brice pointe son doigt vers une pente : "Cela se voit à l'oeil nu. Là-bas, j'en suis persuadé, quelqu'un pourra un jour produire du raisin." Un tiers de la pente est déjà planté en vignes, les deux autres ne sont qu'un vulgaire champ agricole.

Le jeune homme est issu d'une vieille famille de vignerons propriétaire de 7 hectares. Et à l'avenir peut-être davantage. Avec son père et son frère, ils pourraient bien bénéficier de la future révision des limites de l'appellation d'origine contrôlée (AOC), qui permettra à de nombreux Champenois, vignerons ou non, de faire une jolie culbute financière.

"Nous sommes au taquet. Il n'y a plus rien de disponible dans l'AOC, 98 % des terres autorisées sont cultivées", explique Pascal L'Hoste, vice-président du Syndicat général des vignerons. Or le champagne croule de plus en plus sous la demande mondiale, et s'il n'en avait tenu qu'au marché, bien plus que les 339 millions de bouteilles vendues sur un an, à la fin octobre, aurait pu être écoulé.

Mais il faut se satisfaire de l'offre disponible : la production est limitée, par une loi de 1927, sur 33 500 hectares, répartis dans 319 communes. Dans ce contexte porteur, beaucoup réclamaient d'intégrer la zone sacrée. Le Syndicat général des vignerons a finalement voté en faveur d'une modification de l'AOC, qui occupe bien des conversations.

Ici, on parle de "révision", et certainement pas d'extension, car l'objectif officiel affiché par les vignerons comme les grandes maisons de champagne est d'harmoniser la qualité des parcelles du célèbre terroir crayeux. Mais ils reconnaissent en aparté qu'il y aura bien quelques milliers d'hectares supplémentaires. Sinon, à quoi servirait de se lancer dans une telle opération ?

Dirigée par l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO), elle fait intervenir un groupe d'experts indépendants (géographe, historien, agronome et phytosociologue), qui vont dénicher les terres méritant l'appellation. Puis le Conseil d'Etat examinera le dossier, puis des consultations publiques seront organisées... Tout cela prendra des années, auxquelles il faut ajouter le temps de faire pousser la vigne et d'élaborer le champagne. Les premières bouteilles ne devraient pas sortir des caves avant au moins quinze ans.

"On a tous quelques parcelles qui pourraient être classées", explique un autre vigneron de Bouzy. Propriété de la famille Brice, quelques champs jusqu'à présent cultivés par des cousins agriculteurs pourraient ainsi rejoindre l'appellation. Rémi Brice ne dit pas quelle superficie est en jeu ni combien vaut l'hectare. Mais tout le monde le sait : ici, il avoisine le million d'euros, quand l'équivalent en terre agricole se négocie quelques milliers seulement. Chaque mètre carré vaut de l'or, et on trouve des clos de vigne jusque dans les jardins.

De façon générale, les prix ont bondi depuis dix ans, et les transactions sont devenues rares, plus personne ne voulant vendre (en moyenne, l'hectare planté vaut plus de 600 000 euros). Logiquement, les futures parcelles de vigne seront situées dans le prolongement des anciennes. C'est déjà le cas pour la première phase du processus de révision, qui s'achève bientôt et a consisté à faire le choix de communes qui pourraient intégrer l'appellation. Plus tard, entre 2009 et 2015, les experts s'interrogeront, dans les nouvelles et les anciennes, sur les parcelles à retenir.

Après dix-huit mois de repérage, le comité d'experts a donc rendu cet automne ses premières propositions : une présélection de 40 toutes nouvelles communes. La liste finale sera décidée en mars 2008, après validation de l'INAO.

A Soulanges, à Blacy ou ailleurs, on se frotte les mains. Certains villages s'attendaient à être présélectionnés, car on y avait déjà cultivé la vigne avant l'invasion du phylloxéra, il y a un siècle. D'autres non. "Autour de chez moi, à Bassuet près de Vitry-le-François, les géologues ont trouvé des communes qui n'avaient rien envisagé... Elles sont ravies", raconte M. L'Hoste. Lui espère obtenir 1 hectare supplémentaire pour son exploitation qui en compte 7. Chose commune dans l'AOC, 3 lui appartiennent et il loue les autres à une dizaine de particuliers, surtout des retraités.

Qui cultivera les nouvelles parcelles ? Les viticulteurs eux-mêmes, s'ils en sont dotés, les agriculteurs qui pourront reconvertir leurs champs, ou encore des vignerons ou des maisons de champagne qui rachèteront des parcelles ou exploiteront pour les nouveaux titulaires, en leur versant le tiers du chiffre d'affaires de la récolte. Soit, pour 1 hectare de qualité moyenne, avec un raisin à 4,50 euros le kilo, quelque 14 000 euros par an. Un chiffre à relativiser cependant : en Champagne, on parle plutôt en ares (1 centième d'hectare). La parcelle moyenne en fait 12, soit 1 200 mètres carrés.

Mais tout le monde ne sera pas servi comme il l'espère. "Nous aurons affaire à quelques ingrats et à beaucoup de mécontents", prévient Daniel Lorson, porte-parole du Comité interprofessionnel du vin de Champagne. Et c'est justement pour éviter les pressions politiques ou économiques que les professionnels ont choisi des critères techniques stricts, et une philosophie : améliorer la qualité dans l'intérêt de tous.

C'est ainsi au nom de l'intérêt collectif que deux communes de la Marne, sur proposition des experts, pourraient carrément être déclassées. Germaine, dont les parcelles sont exploitées par l'incontournable Moët et Chandon, mais connues dans tout le milieu pour être particulièrement mal exposées. Mais aussi Orbais-l'Abbaye, où produit notamment Vranken-Pommery.

Dans les communes classées depuis 1927, des parcelles pourraient aussi être sorties de l'appellation. Toute une affaire, même s'il devrait être possible de conserver le droit de produire pendant trente ans. Vu l'enjeu, dans la riche Champagne, on s'attend déjà à des milliers de recours.

Laetitia Clavreul

mardi 11 décembre 2007

Le Point note le Champagne 2 (Deutz, Dom Pérignon, Duval-Leroy, Gosset, Alfred Gratien)

Suite du beau dossier du Point sur les champagnes. Aujourd'hui on reste dans les champagnes de marque.

Deutz

Amour de Deutz

17/20 - Amour de Deutz 1999. Floral, nez entre fruits rouges et chèvrefeuille, agrumes, bouche vive, tendue, bien parfumée ; long, tendu, bel assemblage, gras et vineux, gourmand mais minéral.
Prix conseillé 130 euros (105 euros sur le site).

Dom Pérignon

Dom Pérignon 1999

17/20 - Vintage 1999 Dom Pérignon. Nez levure, réducteur, aérien, assez marqué, bouche ample, dense, puissant, vineux, gras, plein, bien fait, un beau travail d'assemblage, la vinosité du pinot et la fragilité des chardonnays. La puissance. Prix conseillé 120 euros (115 euros sur le site).

Duval-Leroy

Cette maison fabriquait autrefois surtout des champagnes de premier prix pour la grande distribution. Les bouteilles étaient vendues sous des noms fantaisistes au gré de l'imagination des enseignes. « En quinze ans, on a tout changé. Aujourd'hui, sur 6 millions de bouteilles produites, 700 000 à 1 million sont encore vendues sous des marques d'acheteurs. Tout le reste est étiqueté Duval-Leroy, et 60 % de notre chiffre d'affaires en France se réalise en restauration », revendique Carol Duval, devenue PDG de la société après le décès de son mari au tout début de la décennie 90. La gamme est très étendue, peut-être même un peu trop pour qui veut tout connaître. « Elle s'est élargie en fonction de la demande de notre clientèle. » Nous avons retenu :

Femme de Duval Leroy

16,5/20 - Femme de Champagne 1996. 79 % chardonnay, 21 % pinot noir. Grillé, brioche, et des notes confiserie qui traduisent la présence de pinot d''Ay , bouche élégante, très pure, d'une bonne longueur. Un vin bien construit. Prix conseillé : 95 euros (58 euros sur le site).

Gosset

17,5/20 - Célébris Extrabrut Vintage 1998. En version extrabrut, c'est-à-dire dosage réduit au strict minimum, c'est encore meilleur ! Très minéral, des arômes de craie et de coing, de compote d'abricot, une bouche mûre et tendue, très vive, longue. Un champagne sans concession, au goût sucré, qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais aux vrais amateurs. La maturité des pinots qui entrent dans la composition de cette cuvée autorise le dosage minimal. On goûte donc le vin dans sa pureté. Prix conseillé 110 euros (Bientôt sur le site).

Alfred Gratien

Brut Alfred Gratien

17/20 - Brut Alfred Gratien. Miel, fleurs blanches, petite note fleurie apportée par le meunier, très fin, équilibré, gourmand, long, un bijou. Prix conseillé : 31,50 euros (27,60 euros sur le site).

Demain, on poursuit avec Charles Heidsieck, Krug, Lanson, Laurent-Perrier, Mailly Champagne, Mumm, Perrier-Jouët, Philipponnat, Pol Roger, Roederer, Pommery, Ruinart, De Saint Gall, Salon, Taittinger, De Venoge et Veuve Clicquot.

lundi 10 décembre 2007

Le Point note le Champagne (Ayala, Bollinger, Billecart-Salmon)

Cette semaine, Le Point publie sa séléction de champagnes.

On retrouve ici les champagnes de marque, et les champagnes de vignerons.

J'ai reproduit ici les chroniques parlant des champagnes que nous vendons.

Ayala

Rachetée par Bollinger, la maison a pris son temps pour retrouver sa dimension, elle qui fut, avant guerre, une des premières en qualité de la Champagne. C'est même la première année que nous le dégustons aussi bien.

Ayala 1999

16,5/20 - Perle d'Ayala 2000 (99 sur le site). Assemblage de grands crus 80 % chardonnay et 20 % pinot noir d'Ay , tiré sur bouchon liège. Le nez est plutôt orienté chardonnay, aérien, floral, pâtisserie, une note que l'on retrouve en bouche au départ, avant que s'affirment les saveurs et la structure du pinot d'Ay avec sa puissance, ses notes confiserie, caramel et réglisse. Un vin très long, solide, pur, un vrai changement de cap dans cette maison. Vin d'apéritif, mais capable de faire tout le repas. Prix conseillé : 60 euros (46,20 euros sur le site).

Billecart-Salmon

La maison n'a pas changé de millésime pour ses cuvées haut de gamme depuis l'an passé : toujours en vente, la cuvée Nicolas-François Billecart 1998, notée 17, et le Rosé Elisabeth Salmon 1998, noté 17,5.

Nous avons passé au banc d'essai cette année :

Billecart-Salmon Rosé

17/20 - Brut rosé. Rose assez pale, un peu saumoné, fruité, fraise des bois, bouche bien vive, élégante, un très joli fruit discret, un peu cerise, sans lourdeur, sans insistance, agréable, vineux, harmonieux. Prix conseillé : 50,50 euros (47 euros sur le site).

Bollinger

La nouveauté cette année n'est pas vraiment dans les vins. Bollinger a souhaité se souvenir de l'année caniculaire 2003 en produisant une cuvée « 2003 by Bollinger » qui nous a semblé assez éloignée du style maison. Un vin un peu lourd, qui s'efface assez vite en finale, pas vraiment le côté mystérieux, profond, terroir des grands vins de la maison (Prix conseillé : 70 euros, 65 euros sur le site). La nouveauté, c'est le remplacement du pétillant Ghislain de Montgolfier (jeune prétendant à la retraite) par Jérôme Philipon, ancien de Nestlé et Coca... à la direction générale de la maison. Rémois d'origine, fils de paysan, Jérôme Philipon a fait une partie de ses études avec les frères Bizot, descendants des fondateurs de la marque. C'est la première fois que Bollinger sera dirigée par un «étranger», extérieur à la famille. Mais cela ne se voit pratiquement pas !

Pour le reste de la gamme, Bollinger reste sur les vins que nous avions présentés l'an passé :

R.D. 1996 Bollinger

18,5/20 - RD 1996. 70 % pinot noir, 30 % chardonnay. Vin de cuvée à 75 % provenant de grands crus. Un extrabrut, donc très faiblement dosé, dégorgé en juin. Pâtisserie, amande grillée, sablé, cave, craie, coing, nèfle. Nez superbe, très riche, bien exprimé, la bouche est dans la continuité, saveurs de pâte de fruits, confiserie, beaucoup de saveurs et une fraîcheur étonnante. Un vin mature, mais avec un fort potentiel de garde, long et tendu. Prix conseillé : 150 euros (119 euros sur le site... mais en rupture de stock).

Grande Année 1999 Bollinger

18/20 - La Grande Année 1999. 63 % pinot noir, 37 % chardonnay, vinifié en petits fût de chêne. Floral, feuillage, à peine citronné, le chardonnay domine aux premiers arômes, vanille, bouche qui confirme, le boisé marque légèrement les saveurs, long, frais. Prix conseillé : 85 euros (65 euros sur le site).


A venir : Delamotte, Deutz, Dom Pérignon, Duval-Leroy, Gosset, Alfred Gratien, Charles Heidsieck, Krug, Lanson, Laurent-Perrier, Mailly Champagne, Mumm, Perrier-Jouët, Philipponnat, Pol Roger, Pommery, Roederer, Ruinart, De Saint Gall, Salon, Taittinger, De Venoge et Veuve Clicquot.

jeudi 6 décembre 2007

Charles Heidsieck fait la Une du Figaro

Une Charles Heidsieck

Hier, la maison Charles Heidsieck s'est offert la Une du Figaro, enfin un supplément de 4 pages, maquetté comme le célèbre quotidien et offert à tous les lecteurs du journal. Un beau coup de pub et une belle façon de rendre hommage à Régis Camus, chef de caves des Champagnes Charles Heidsieck, élu par ses pairs "Winemaker of the year 2007".

Une Charles Heidsieck 2

A l'intérieur du supplément, on découvre de superbes photos de l'univers Charles Heidsieck, des vignes, des caves et des bouteilles de la marque. Un supplément publicitaire qui sort des sentiers battus.

Ce supplément accompagnait un autre supplément, réalisé lui par la rédaction du Figaro et rempli d'articles passionnants sur lesquels je reviendrai plus tard.

jeudi 29 novembre 2007

On parle de nous

eShoppartner

Cette semaine, deux blogs ont évoqué le site Les Vins de Champagne. Il y a tout d'abord le blog Beau-Cadeau.info, consacré donc aux idées cadeaux, mais aussi à l'analyse de sites de e-commerce, que j'ai découvert à travers le blog Wizishop, dont je suis une lectrice plus que régulière. Ensuite, Laddy, du site eShoppartner a découvert le site sur Beau-Cadeau et à décidé d'en parler sur son blog consacré à l'e-commerce en général et à la chronique et la découverte de nouvelles boutiques en particulier.

Une bonne semaine donc, d'autant plus que les commandes pour les fêtes de fin d'année commencent à arriver !!!