Le Blog des Vins de Champagne

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mardi 21 août 2007

L’arnaque était presque parfaite…

Voilà un petit post d’utilité publique, ou comment j’ai failli me faire arnaquer de la coquette somme de 14 000 euros.

Tout commence vendredi 10 août. Un homme téléphone à la boutique d’Epernay. Il se prénomme Tim Clark et se présente comme étant anglais et étant chargé d’organiser une soirée pour son entreprise. Il a vu que chez nous les prix étaient bien plus bas qu’en Angleterre, et veut donc commander 120 bouteilles de Taittinger, 120 bouteilles de Moët & Chandon et 60 bouteilles de Dom Pérignon.

Jusque-là tout va bien.

Premier hic, sa soirée doit se dérouler le vendredi 17 août, soit dans une semaine précisément, ce qui complique déjà sérieusement les choses étant donné que les transporteurs ne garantissent pas nécessairement une livraison aussi rapide d’autant plus que le 15 août est un jour férié. Pas de problème me rétorque l’Anglais, j’en verrai mon propre camion chercher la marchandise directement à la boutique. Pourquoi pas…

Jusque-là tout va pas trop mal.

Ce n’est pas le tout, mais arrive vite le moment où il faut parler argent. Le client propose de m’envoyer une garantie de paiement de sa banque. Je lui propose un virement bancaire, seul problème, on est déjà mardi et sir Tim Clark ne peut pas faire le virement avant mercredi, virement auquel il faut 2 à 3 jours ouvrés pour traverser la Manche, sachant que son camion doit venir jeudi après-midi enlever 300 bouteilles et un peu moins de 14 000 euros de marchandises… L’équation n’est pas simple et commence à sentir mauvais. Mais pas de soucis me claironne le prétendu aristocrate britannique : « Ma banque faxera à la votre la preuve que le virement est bien parti ». Soit.

Jusque-là on reste méfiant.

Mercredi 15 août, je passe ma journée à faire ma cyber détective :
- L’entreprise la Norton IT Solutions LTD est bien enregistrée au registre du commerce anglais. +1

- Impossible de trouver le site Web de l’entreprise par contre. -1

- L’adresse mail de Tim Clark est @consultant.com, le site est un repaire de pub et il suffit de se rendre sur www.mail.com pour créer son adresse mail @consultant.com. -2

- Le numéro de TVA intracommunautaire qu’il me fournit pour établir la facture est valable. +1

- Avec Google Earth je me rend à l’adresse de l’entreprise à Leicestershire. A l’adresse donnée on voit une maison qui pourrait abriter une entreprise… ou n’importe quoi d’autre. 0

- En tapant cette adresse sur Google, de nombreuses entreprises apparaissent, et là il devient clair qu’elles ne peuvent toutes tenir dans cette fameuse maison. Ça sent la boîte postale. -1

- Je continue à survoler l’Angleterre avec Google Earth pour me rendre à Londres, à l’adresse de livraison. Ça ressemble à un quartier résidentiel pas super chic avec des petites maisons individuelles, pas vraiment le genre d’endroit où l’on fait une soirée avec 300 bouteilles de champagne. -1


Agrandir le plan

Le bilan est de -3, ça ne sent pas très bon.

Jusque-là tout est possible.

Je décide de faire confiance à la banque. Si le document faxé est valable et signifie que l’argent est effectivement en route, la marchandise partira, sinon tout restera à la boutique. Jeudi matin, je suis donc la première cliente au guichet. Le fax est bien là. La directrice de l’agence me reçoit avec le fax qui est à l’entête de la Lloyds TBS, une banque anglaise très importante. Elle le regarde, contrôle le code Swift et me dit qu’il ne semble pas y avoir de problème, le virement est effectivement en route. Sur l’un des pages du fax, un numéro de téléphone est inscrit. Elle me propose donc de faire ce numéro pour lever les derniers doutes. Après quelques sonneries un homme décroche « Lloyds TSB may I help you ». L’homme me demande de lui dicter quelques codes visibles sur le fax et en quelques secondes me valide le virement. L’argent est bien partie pour le compte de la société.

Jusque-là on s’approche de la plus belle commande du site.

Je ressors le cœur léger de la banque, mais au fond de moi quelque chose me dit qu’il y a un souci. Je cherche à vérifier la validité du numéro de téléphone inscrit sur le fax. Inconnu chez Google. Je contacte alors directement l’agence de la Lloyds à Leicestershire, mais impossible d’obtenir une information sur un compte qui ne m’appartient pas. L’impasse. Pour en avoir le cœur net je décide de contacter le mari de ma meilleure amie qui travaille dans une banque à Genève. Le genre d’endroit où l’on doit s’y connaître en virements internationaux (sic…). Je lui explique mon problème, et là le merveilleux banquier me dégote la solution : Appeler de nouveau le numéro indiqué sur le fax et demander au service d’envoyer un mail validant le virement. Manière de vérifier que le mail vient bien du domaine @lloydstsb.com.

Jusque-là on a des nœuds à l’estomac

Une vingtaine de minutes plus tard, la sentence tombe. Le mail vient de lloydstsbbankuk@europe.com, un autre nom de domaine disponible sur www.mail.com. Dès lors il était évident qu’il s’agissait d’une arnaque.

L'arnaque
Cliquez sur l'image pour la voire en grand

Epilogue

Jeudi en début d’après-midi Tim Clark (il y a très peu de chance que ce nom soit réel…) passe un coup de fil à la boutique pour valider le passage du camion. Quand on lui annonce que faute d’avoir reçu l’argent la vente ne se fera pas, l’homme rentre dans une colère folle et raccroche de rage… Avec un peu de chance ces escrocs ont perdu un peu d’argent à envoyer un camion en France…

En tous les cas j’espère que Google indexera au plus vite ce post pour que d’autres commerçants ne puissent se faire avoir !

Deuxième leçon : faites une confiance modérée à votre banquier ;-)



EDIT : Je viens de tomber sur deux sites qui parlent de cette arnaque qui n'est visiblement pas une première. Le premier chez Zatazet le second sur ce Blog. Il y a d'ailleurs une constante, le banquier de la Lloyds s'appelle à chaque fois Nicol Young (ou Nicool Young sur certains cachets).

mardi 7 août 2007

Le coût du risque... quel risque ?

Il y a quelques temps je vous racontait la galère que ça avait été pour trouver une banque pour la société, et bien je viens de tomber sur cette exemple édifiant et symptomatique de l’attitude des banques. Quand je pense que les taux d’intérêts sont censés couvrir le coût de l’argent, mais aussi celui du risque, je rigole. Il y a bien longtemps que les banques pour le grand public ne prennent plus aucun risque lors de prêts.

Ainsi Edouard Ducray, le PDG de Locafilm, raconte sur 01Net l’attitude des banques avec lui : « Après avoir fondé, en 1998, la régie publicitaire Comclick, il a fondé, en 2003, Locafilm, spécialiste de la location de DVD en ligne. Lors de sa première création, il est allé frapper à la porte de sa banque, qui par méconnaissance de l'Internet, lui a refusé de l'aide. « Le plus drôle c'est que, lorsque j'ai monté Locafilm, avec en poche le chèque de la revente de Comclick à HiMedia, je suis retourné voir ma banque, elle a refusé de nouveau ! J'en conclus que les banquiers ne sont pas équipés pour accompagner les chefs d'entreprise. Sauf à hypothéquer votre conjoint, votre voiture et vos enfants. » Maintenant l'entreprise tourne, avec 2 millions d'euros de CA (2007) et 500 000 euros de résultat net… »

mercredi 4 juillet 2007

La Poste, la TVA et moi…

C’est une spécialité française : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Suite à la réception d’une feuille des impôts demandant de verser un acompte d’au moins 80% de la TVA du 1er semestre (ce qui d’après mes calculs, et étant donné que j’ai acheté pas mal de matériel sur lequel je dois récupérer la TVA, représente 70 centimes d’euros…), je me suis plongé dans les arcanes de la comptabilité et j’ai découvert cette subtilité toute administrative.

A la question y-a-t-il une TVA sur les services de La Poste, la réponse est oui et non. Sur les timbres et les colis que vous expédiez dans votre propre emballage, il n’y a pas de TVA, par contre si vous envoyez la même marchandise dans un emballage prêt à poster ou n’importe quelle Colissimo, alors là une TVA de 19,60 % s’applique. Pourquoi, comment, selon quelle logique, ça mon bonhomme, je pense que même à la Poste ils n’ont pas la réponse…

vendredi 29 juin 2007

Moi et la comptabilité...

Maintenant que les ventes commencent à être très correctes, j’ai décidé de me consacrer un peu à la comptabilité, de me renseigner sur les impôts à payer, les charges à verser, et surtout les contraintes comptables pour présenter un bilan en bonne et due forme. Car il ne s’agit pas de se tromper, notamment pour la TVA, car à chaque bouteille vendue, je récupère la TVA pour l’état, il faut donc faire des déclarations précises (on rigole pas avec ce genre de sujet…), et soustraire la TVA qu’on a payé à d’autres entreprises.

Compta
Rien de très sorcier normalement. Et comme les chiffres et moi on s’entend pas trop mal, je me suis dis que ça devait être faisable de son côté. J’ai cherché un peu sur Internet et je suis tombée sur ce site qui semblait promettre que l’on pouvait faire sa compta en deux temps trois mouvements directement sur leur site et pour la modique somme de 19 euros par mois. Que du bonheur.

Quelques heures après avoir commencé à creuser le site, j’étais à la recherche d’un cabinet d’experts comptables… ça me coûtera aux alentours de 2000, mais c’est le plus simple…

mardi 19 juin 2007

Paypal se fait plaisir

Quand je vois la commission que prend PayPal sur la vente des 24 bouteilles de Dom Pérignon dont je vous parlais hier je cris aux voleurs ! PayPal a retenu 89 euros sur le montant de la vente. Autant dire que ma marge en prend un coup. Si c'est pas du vol, ça y ressemble fortement.

Normlement avec un chiffre d'affaire supérieur à 2500 euros pendant 3 mois de suite, je devrais bénéficier de commissions moins importantes (2% contre 3,4% actuellement)...

mardi 6 mars 2007

HSBC : ‘Comment ça vous n’êtes pas riche ?’

Deuxième étape de la fabuleuse odyssée « Complétons un dossier de création d’entreprise ». Aujourd’hui je dois verser le capital de la société sur un compte bancaire bloque. La mission consiste donc à trouver une banque qui accepte de recevoir un chèque et de garder l’argent au chaud le temps que la société ait une existence légale. Un jeu d’enfant me dis-je puisque je ne demande aucun emprunt, aucune avance d’argent, bref du velours pour la banque qui gagne un futur client sans prendre de risque. Quelle erreur...

Comme prévu vendredi je suis allée voir une banque, la HSBC comme vous l’avez deviné dans le titre. J’avais choisi cette banque car elle se situe tout près de chez moi et que j’envisage sérieusement depuis quelques temps de changer mes comptes personnels chez eux, car ma banque actuelle ne me satisfait pas. Je rends donc au rendez-vous à l’heure dite, et l’on me fait patienter dans un salon très cosy, moquette rouge très moelleuse, cours de la bourse en direct, un écran plasma géant branché sur CNN, une sorte de condensé du monde en live. Après un bon quart d’heure d’attente je suis reçue dans un bien joli bureau par un conseiller très aimable. Je lui explique que je viens déposer 1000 euros, le capital de ma société et que je compte ensuite domicilier le compte courant de la société chez eux. Il écoute attentivement et me demande ensuite un budget prévisionnel, je lui réponds que je n’en n’ai pas car je n’ai aucune idée du nombre de bouteilles de champagne que je vais vendre, mais que ce n’est pas très grave puisque les frais fixes de la société sont minimes (frais d’hébergement, publicité et charges sociales grosso modo). Il prend une copie des statuts de la société et me dit que j’aurai la réponse dès le lendemain. Résultat ça fait 4 jours et aucune nouvelle, et quand j’essaie de la joindre, il est toujours occupé. Je crois qu’il est victime de réunionite aigue…

Bref il va falloir trouver une autre banque, prendre rendez-vous, convaincre…